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25 juin 2008

Compagnon des Amériques

Bonjour tout le monde, je sais, je sais, je suis pas mal absent. Malheureusement, ce ne sera pas encore un billet original aujourd'hui en ce jour de la Fête Nationale. En fin de semaine, j'ai entendu une version de "Poète des temps gris" de Daniel Boucher faite par Richard Séguin à Petite-Vallée - j'aimerais bien mettre la main sur cette version - et, au milieu de la pièce, il y avait l'interprétation de Compagnon des Amériques de Gaton Miron. Le texte m'a particulièrement frappé ! Je tenais donc à le partager avec vous !

Compagnon des Amériques
Gaston Miron, L'Homme rapaillé

Compagnon des Amériques
Québec ma terre amère ma terre amande
ma patrie d'haleine dans la touffe des vents
j'ai de toi la difficile et poignante présence
avec une large blessure d'espace au front
dans une vivante agonie de roseaux au visage

je parle avec les mots noueux de nos endurances
nous avons soif de toutes les eaux du monde
nous avons faim de toutes les terres du monde
dans la liberté criée de débris d'embâcle
nos feux de position s'allument vers le large
l'aïeule prière à nos doigts défaillante
la pauvreté luisant comme des fers à nos chevilles

mais cargue-moi en toi pays, cargue-moi
et marche au rompt le coeur de tes écorces tendres
marche à l'arête de tes dures plaies d'érosion
marche à tes pas réveillés des sommeils d'ornières
et marche à ta force épissure des bras à ton sol

mais chante plus haut que l'amour en moi, chante
je me ferai passion de ta face
je me ferai porteur de ton espérance
veilleur, guetteur, coureur, haleur de ton avènement
un homme de ton réquisitoire
un homme de ta patience raboteuse et varlopeuse
un homme de ta commisération infinie
l'homme artériel de tes gigues
dans le poitrail effervescent de tes poudreries
dans la grande artillerie de tes couleurs d'automne
dans tes hanches de montagnes
dans l'accord comète de tes plaines
dans l'artésienne vigueur de tes villes
devant toutes les litanies
de chats-huants qui huent dans la lune
devant toutes les compromissions en peaux de vison
devant les héros de la bonne conscience
les émancipés malingres
les insectes des belles manières
devant tous les commandeurs de ton exploitation
de ta chair à pavé
de ta sueur à gages

mais donne la main à toutes les rencontres, pays
toi qui apparais
par tous les chemins défoncés de ton histoire
aux hommes debout dans l'horizon de la justice
qui te saluent
salut à toi territoire de ma poésie
salut les hommes et les femmes
des pères et mères de l'aventure

29 janvier 2008

Chute...


En fouillant dans mes vieilles affaires (ah la nostalgie), je suis tombé sur ce petit texte que j'ai écris au Cégep dans le cadre d'un cours d'écriture automatique. Le but de l'exercice était de faire une visite de la galerie d'art du Cégep, de choisi une oeuvre et ensuite, d'écrire un texte le plus rapidement possible (5 - 10 minutes) inspiré par cette oeuvre. Pour ma part, j'avais choisi un espèce de montage mural d'une ville vu de haut.

En relisant ce texte, je crois comprendre pourquoi je ne reste pas en ville mais bien dans un rang !!!

Chute...

Je tombe
Dans la noirceur de la ville
Je m'enfonce pour ne plus revenir
La ville se referme
M'avale de ses dents de béton
Je me sens partir
Je quitte cette vie
La ville m'enferme
Société contrôlée
Automatique
Sans sens