05 juillet 2007

La souveraineté est-elle encore nécessaire pour le Québec?

Renart m'a fait découvrir un superbe texte aujourd'hui, il s'agit d'un mini argumentaire, très condensé mais en même temps, pas mal complet. Le texte a été publié sur Vigile.net et aussi sur Le Devoir aujourd'hui. C'est un texte écrit par m. Bernard Desgagné.

Pour ma part, j'aime particulièrement la première condition, l'identité de la nation:

Une nation ne devient pas souveraine pour des raisons comptables. On peut faire des calculs pour montrer comment une nation est infantilisée ou asservie par une autre ou pour montrer comment l’argent d’une nation sert à dissoudre son identité dans une autre, mais en fin de compte, une nation cherche à devenir souveraine pour des raisons identitaires. Tant que l’identité d’une nation est bien vivante, elle nourrit le désir de souveraineté.

Or, grâce avant toute chose au mouvement indépendantiste, les Québécois ont certainement aujourd’hui beaucoup plus conscience de leur identité collective que ce n’était le cas au début de la Révolution tranquille. À l’époque, les Québécois se disaient surtout « canadiens-français ». En 2007, les Québécois sont très conscients de leur identité québécoise et la placent même généralement avant leur identité canadienne. Ils sont attachés à leurs valeurs, à leur langue, à leur histoire et à leur culture. Ils se distinguent nettement des autres Canadiens, y compris des Canadiens français des autres provinces.

En passant, j'ai profité de ce texte pour consulter d'autres textes de m. Desgagné et ce n'est pas le seul qui est intéressant !!!


7 commentaires:

Renart Léveillé a dit...

Moi, mon passage préféré, c'est celui où il parle du bilinguisme, étant donné que j'en ai beaucoup parlé sur UHEC à un moment.

A.B. a dit...

«Tant que l’identité d’une nation est bien vivante, elle nourrit le désir de souveraineté.» Compte tenu des résultats des dernières élections où le PQ - parti qui prône la souveraineté du Québec - a plutôt mal paru et mal performé, est-ce que l'identité québécoise est plut floue, moins vivante qu'auparavant? Je crois que la question se pose, mais je n'ai pas sa réponse...

Anonyme a dit...

L'indentité québécoise reste inchangée à mon avis, c'est simplement que le peuple n'a pas cru que le Parti Québécois soit le meilleur défenseur de cette identité.

Dans le même ordre d'idée j'ai lu une analyse du travail du Parti Québécois qui disait que le Parti est le maître-d'oeuvre de son propre échec: en faisant la promotion du Québec, de ses valeurs et de son identité et en obtenant des gains importants directement ou en forçant la main d'un autre gouvernement à faire, le Parti Québécois a rendu l'option de la souveraineté moins importante, voire caduque. Entre d'autres termes parce que le Parti Québécois est parvenu à protéger l'identité québécoise, la souveraineté est devenu moins importante. Si nous étions encore à l'époque où étant francophone nous ne pouvions pratiquement pas être cadre dans une entreprise (et ce n'est pas si loin que ça), parler de souveraineté serait plus facile. Mais à force de concessions, le Canada semble parvenir peu à peu à obtenir la paix.

Bref stratégiquement parlant le Parti Québécois et le Bloc Québécois devraient cesser de défense les intérêts du Québec et laisser le champ libre aux forces fédéralistes pour que les Québécois se rendent compte qu'ils n'ont pas leur place dans le Canada.

C'est digne de Machiavel, et ça fait réfléchir.

A.B. a dit...

Moko:
Plutôt machiavélique, vous avez raison.

Lorsque vous dites «[...] que le Parti est le maître-d'oeuvre de son propre échec: en faisant la promotion du Québec, de ses valeurs et de son identité et en obtenant des gains importants directement ou en forçant la main d'un autre gouvernement à faire, le Parti Québécois a rendu l'option de la souveraineté moins importante, voire caduque », je suis d'accord avec l'affirmation. Ce que je trouve très inquiétant par contre, c'est que d'après celle-ci, les Québécois se sentiraient «au-dessus de leurs affaires» culturellement parlant grâce aux cadeaux du fédéral. C'est dans ce sens qu'allait mon commentaire précédent. Je considère que les Québécois perdent de plus en plus de terrain dans leur propre province. Probablement que le fait que j'habite à deux pas de Montréal influence ma manière de penser. Je constate en effet chaque jour le recul de la langue française, que l'on bafoue mais, plus souvent, que l'on n'utilise carrément plus dans les commerces de l'Île de Montréal. Il y a un an ou deux, ce phénomène était réservé à l'ouest de l'île et au centre-ville. Depuis, même le très de gauche Plateau-Mont-Royal s'est anglicisé. Et je vous épargne les autres langues qui prennent de plus ne plus de terrain, entre autres sur le plan de l'affichage.

J'habite la banlieue et il m'est impossible de me faire servir en français dans les deux dépanneurs les plus près de chez moi, encore moins en anglais. Je ne crois pas que notre identité soit à l'abri dans tous ces cas!

Il y a vraiment un mouvement de fond qui me fait peur dans tout ça, un genre d'assimilation sournoise (culture et langue vont de paire, ai-je besoin de le mentionner?), voire machivélique (j'exagère, mais le jeu de mot était là, qui me narguait!).

Bon, ça y est, je suis parano ;=)

Anonyme a dit...

Je répète ici ce que j'ai dit sur mon blogue : il y a un discours défaitiste qui ne marche plus. Il faut en prendre note et le renouveler. Les Québécois ne se sentent pas dominés, même si je comprends tout à fait la frustration de ceux qui vivent à Montréal. Il est bien certain que ça va être difficile de changer les mentalités des immigrés et les anglophones de souche tant que nous demeurerons au sein du Canada. Pourquoi devraient-ils parler français dans un pays majoritairement anglophone. Toute l'ambiguïté est là. Par ailleurs, les deux premières conditions évoquées par Bernard Desgagné dans son texte sont tout à fait pertinentes. Le deuxième est même plutôt originale et marque un sapré bon point. La troisième, en revanche, me semble plutôt déconnectée de la réalité.

Anonyme a dit...

Fusion Rio-Tinto—Alcan... et Approche commune. Danger ! Danger !!

"L'affaire « Fortier-Alcan-Approche commune », ce débat soulevé ces jours-derniers dans « Les Délires d'Akakia » n'aura pas été inutile. En effet, dans son édition de ce mardi 17 juillet de l'an de grâce 2007 le journal Le Quotidien du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait amende honorable. Il publie l'information à l'effet que M. Yves Fortier, négociateur en chef du gouvernement du Québec dans les pourparlers en vue du traité titré « Approche commune », soit également président du conseil d'administration de la multinationale Alcan (et président du cabinet Ogilvy Renault cela doit également être précisé). Dans un éditorial qu'il faut saluer avec convenance, l'éditorialiste Carol Néron pose enfin la question qu'on aurait dû poser sitôt l'annonce faite de sa nomination voilà déjà 17 mois : « Est-ce que les deux fonctions entrent en conflit ? Le gouvernement Québécois aura sans doute à répondre à cette question afin de rassurer la population. »"

Qui est ce Louis Yves Fortier qui négocie le territoire québécois au nom des Québécois?:

Administrateur et président du conseil d'Alcan Inc.
Directeur associé Ogilvy Renaud

Patron d’honneur de la Fondation Historica du Canada.

Patron d’honneur du Conseil de l’Unité Canadienne.

Représentant pour le Canada à la Cour internationale de Justice à La Haye dans le différend opposant le Canada et les États-Unis relativement à la délimitation territoriale dans le golfe du Maine.

Négociateur en Chef du Canada dans le différend sur la pêche opposant le Canada et la France.

Conseiller juridique principal du gouvernement du Canada dans le dossier du renvoi concernant le Québec devant la Cour suprême du Canada.

Ambassadeur et représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies, à New York.

Président de la London Court of International Arbitration (LCIA).

Gouverneur et Administrateur de la Compagnie de la Baie d'Hudson et a siégé au conseil d'administration de la Banque Royale du Canada, de Corporation Nortel Networks, de Nortel Networks Limitée, de Nova Chemicals Corporation.

Gouverneur de l’Université McGill.

Officier de l’Ordre du Canada.

Compagnon de l’Ordre du Canada.

Boursier Rhodes (Oxford University, 1960)

(Je rappelle que Cecil Rhodes est considéré comme le plus grand colonialiste britannique et est le fondateur du cartel minier De Beers. Un pays d'Afrique a même jadis été nommé en som nom: la Rhodésie)

De Beers, Rio Tinto, et toutes leurs entreprises minères au Canada et Québec qui sont sous des noms différents par croisements d'actions et partenaria, font partie du cartel minier du Royaume Uni qui exploite déjà la majorité des pays d'Afrique.

Dois-je rappeller aussi que tout territoire qui sera accordé aux Amérindiens tombera sous propriété fédérale et non plus québécoise?

Pour en savoir plus:
http://akakia.blogspot.com/2007/07/de-laffaire-fortier-alcan-approche.html

Anonyme a dit...

Je ne crois pas qu'elle soit encore nécéssaire. Oui, le Canada achète la paix en nous donnant plus de pouvoirs décisionnels, mais il ne faudrait pas oublier qu'il donne autant de pouvoirs aux autres provinces.

Je ne serais pas surpris qu'un jour, le Canada change de nom pour devenir Les Provinces-Unies Canadiennes.

Peut-être est-ce pour cela que Mario Dumont travaille...