Gendron, Samson et les sacs de plastique...

Et là, je me demande bien qui montera aux barricades contre ce mouvement, qui fera assurément jurisprudence. Les anti-étatistes chroniques congénitaux? Les éconophiles qui pleureront comme des madeleines sur le sort des pauvres fabricants de sacs de plastique qui vont perdre de plus en plus de ventes?Comme lui, je me posais la question mais, j'ai trouvé la réponse hier soir en soupant. Je lisais le Journal de Québec et je suis tombé sur ce texte de Jean-Jacques Samson, Les potentats locaux.
Quelle surprise de voir qu'un chroniqueur peut s'insurger de cette façon contre un si beau projet. Quelle surprise de voir aussi à quel point, ce chroniqueur, semble dénigrer le travail des maires des petites municipalités.
Certains petits maires de l'arrière-pays se sentent parfois investis de missions divines et décident de régler le sort de la planète à partir de leur patelin.Ce que je me demande, c'est si ce projet avait été un projet Montréalais, si sa réaction avait été la même. Peut-être aussi que sa frustration n'est seulement qu'envers le maire Gendron ? Je ne suis pas (vraiment pas) un partisan de Gendron mais, dans ce cas, je ne peux que saluer son geste !
[AJOUT 2008-01-14]
Vendredi, après la publication de ce billet, j'ai décidé d'écrire à m. Samson pour lui démontrer mon découragement face à son texte. Je n'ai malheureusement pas eu de réponse mais à ma grande surprise, ma lettre s'est retrouvée dans le courrier du lecteur du J de Q. Je vous la partage donc ici aussi (le dernier paragraphe n'a pas été publié dans le journal) !
Bonjour m. Samson,
Hier soir, j'ai lu votre texte "Les potentats locaux" et celui-ci m'a beaucoup fait réagir. Je ne comprends pas votre réaction. Je suis d'accord que le maire Gendron, de façon générale, ne veux que ce faire remarquer et il fait parti de ces hommes publiques qui m'énervent au plus haut point mais, d'attaquer son projet d'interdire les sacs de plastiques, je trouve que c'est un peu exagéré. Pour une rare fois, je trovais qu'il avait une bonne idée et pourtant, certains trouvent encore l'occasion de se plaindre de lui.
Je déplore aussi la façon dont vous traiter les politiciens municipaux de villages. Quand vous écrivez " Certains petits maires de l'arrière-pays se sentent parfois investis de missions divines et décident de régler le sort de la planète à partir de leur patelin" ça donne l'impression que vous croyez qu'ils sont là pour rien ou, encore pire, qu'ils ne valent rien. Venant moi même d'un petit village de région, je ne peux que féliciter un maire de "l'arrière-pays" qui tente de poser un geste comme celui du maire Gendron. Si cette idée était venu du maire de Montréal ou du tout nouveau maire de Québec, votre réaction aurait-elle été la même ? Laissez-moi en douter...
Je tiens aussi à vous informer que ce mouvement n'est pas quelque chose de nouveau, un autre maire - celui d'Amqui dans la Vallée de la Matapédia (possiblement trop visionnaire ou en manque de publicité me direz-vous) a lui aussi, vers la fin de l'année passée, soulevé la problématique de l'utilisation des sacs de plastique et envisage de faire passer une loi.
Pour terminer, je ne vois pas en quoi un maire de petit "patelin" ne pourrait pas légiféré sur le sujet et ainsi créer une mouvement de masse.
Vous dites aussi "Mais pourquoi s'est-il attaqué en particulier aux sacs de plastique plutôt qu'aux savons qui favorisent le développement des algues bleues ou aux divers contenants de polystyrène ?". Moi je réponds qu'il faut bien commencer en quelque part et que d'éliminer les sacs de plastique est quand même un geste simple mais qui, à long terme, peut être très bénéfique.